Lettret, analphabète
Quand j'arrive à Lettret, j'ajuste ma cravate, mon col parfumé à la naphtaline, mes boutons de manchettes et je tire sur les languettes de mes chaussures que je vernis au passage d'un coup de chiffon. Petit coup d'œil dans mon miroir de poche, j'ai frisé ma moustache, enfoncé mes poils dans mon nez et récuré une fibre alimentaire dans ma dentition. Sourire émail diamant. Une cigarette ? Coquetterie du dimanche qui ne se refuse pas. Tout à coup, tombent, tonitruants, trois trafiquants de tatouages turgescents terrorisant tondus et tape-culs, tyrannisant trottinettes et tapettes. Tatata Tsoing. Ils me passent à tabac... Torpilles, tibia tordu, tonte de ma tonsure, turban et tripes à l'air. Terrassement du sentiment. Je perds mes dents, mon sourire a trois ans. Je retiens mon veston, telle une manche à air prise dans la tempête. Je me retrouve carpette, le visage blet et je sors de Lettret complétement analphabète.
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