Shah Jahan & Mumtaz Mahal

Quand je vois ce vase en marbre satiné et ce visage féminin finement dessiné… Oh la perverse ! J'y vois la princesse Kandahari Begum. Ce vase, j'ai envie de le casser ! Pourquoi te fiancer avec moi alors que tu es déjà marié avec elle ? Te partager toi, mon amour, à une autre est impossible à mes yeux. Imaginer tes doigts prendre sa chevelure de lionne, t'imaginer poser un regard de désir sur sa peau fine, t'imaginer la bousculer sur le lit et …  Je meurs !  Insupportable supplice ! Qui de nous deux vas-tu aimer sincèrement ? Peut-on seulement aimer deux personnes à la fois ? Et de la même manière ? Est-ce que tu l'aimes pour sa jeunesse et son espièglerie et préfères-tu chez moi ma maturité, mon œil de stratège, ma voix rassurante sur le monde ? J'en serai d'autant plus affectée. Je m'imagine flétrir comme ces roses aux senteurs divines qui avec le temps ne diffusent qu'un pâle parfum, sans teneur, sans profondeur. Je suis pourtant profonde et remplie de toi, de tout ton être. Toi et moi, sans l'autre ! Comprends-tu que quand tu m'es infidèle, je te perds, et je suis vide. Je suis vide de toi, comme ce vase. Sans toi, je perds toute consistance, errante tel un spectre éthéré. Oh ! Je meurs de te savoir avec elle. Je meurs. Casse ce vase et fais-la disparaître. Reviens, toi et toi seul, pour animer mon âme et remplir de nouveau mon corps. Ahhhh ! Je meurs.

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