Ne te retourne pas
Carole marche d'un pas lent et assuré. C'est sa façon de marcher lorsqu'elle rumine. Elle voudrait se débarrasser de cette pulsion qui sans cesse l'amène à rechercher une nouvelle complicité amoureuse.
Avec les années les histoires se sont répétées sans
grande surprise. Elle pourrait décrire, de son point de vue bien sûr, le
scénario à venir ; Il est si prévisible que c'est à en pleurer.
Carole a reçu le virus d'amour à l'adolescence comme
beaucoup d'entre nous, mais n'a jamais fabriquer d'anticorps. Depuis, quoi
qu'il arrive, le désir de vivre un état amoureux, d'être en amour ne la quitte
plus.
N'ayant trouvé autour d'elle aucune indication, ni
aucun modèle, les symptômes se sont aggravés lorsqu'elle a plongé avec volupté
dans la cité des rêves. Elle ne pouvait pas savoir que le rêve, comme le mirage
raconte mais ne se laisse pas toucher.
Aujourd’hui elle sait que le mal est incurable, son
épuisement la pousse quelquefois à convoquer la raison mais en vain, le rêve
gagne toujours. C'est comme un petit sifflement qu'elle sent dans son dos et qui lui dit : «
eh ! Retournes toi, regardes derrière toi, il y a quelqu'un qui te tend la main
! D'extraordinaires émotions à vivre t'attendent peut-être.
Allez encore une fois ! »
Alors lorsque le crépuscule viendra, et en pleine nuit
dans le bois avec l'autre truc qui siffle, elle écoutera une fois encore son
désir. La conscience nue de tout rumination ou injonction contradictoire ne
sera plus un frein.
Il est inutile de refuser toute expérience ou
histoire, même si on croit en connaître l'issue.
Quoiqu'il arrive, elle sera unique et la surprise au
rendez-vous.
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