Matin de poisse

Petit matin, les demandes répétées de mon petit chien me réveillent.

Il monte sur le lit et continue de gémir en me marchant dessus.
Quelle poisse !
Je l’adore mais j’ai la tête dans le gaz.
Je finis par m’incliner devant sa persistance à vouloir sortir et descends lui ouvrir la porte vers le jardin.
Puis je me prépare un bon café chaud, qui sera le bienvenu en ce jour hivernal.
Le temps passe lentement, au rythme de mon réveil paresseux.

D’habitude, mon loulou demande à rentrer quand il a fait son tour mais, ce matin, il n’aboie ni ne pigne derrière la porte. Bizarre ?
J’ouvre la porte et l’appelle… mais pas longtemps car je constate que le portail était resté ouvert et bien-sûr Fever le fugueur a pris la poudre d’escampette !

Paniquée, en peignoir et pyjama, je décide malgré tout de le chercher dans le quartier et referme la porte avant de lui courir après.
Re-poisse ! Je n’ai pas pris les clefs et la porte ne peut pas s’ouvrir autrement.

Intense sensation de solitude !

Il a gelé cette nuit, transformant les herbes en statues de glace. OK, c’est bucolique, c’est beau mais bon, je n’ai ni le cœur ni le temps pour rêvasser.

Le froid n’est pas mon ami. Que va-t-il m’infliger dehors en tenue légère ?

Il a l’air de trouver ma situation très drôle et se manifeste en faisant se dresser tous les poils du corps. Je deviens hérisson de glace.
Allez, courage, continue à chercher ton loulou et oublie le froid et le ridicule de la situation…
Mes chaussons, décorés avec les bois des rennes du père Noël, ne sont absolument pas étanches et le froid humide s’insinue dans mes pieds, que d’ailleurs je ne sens plus ! Ai-je des pieds ?
Pourtant oui, puisque je marche mais ce doit être des pieds en bois de rennes !

Un vent sournois, le copain du froid, souffle dans la rue et me fait grelotter, en s’introduisant, sadique, le long de mon dos. Brrr !

A chaque respiration, le froid s’amuse à me faire croire que j’aspire de la glace et mon nez coule.
Et les oreilles ? Aïe aïe aïe, après les avoir figées, elles sont désormais brûlantes, tout comme les mains qui commencent à ressembler à des saucisses fumées.
Le froid m’accapare tellement que je peine à appeler Fever et à courir en tous sens pour le retrouver dans ce foutu quartier.
Enfin, je l’aperçois, cool, tranquille, à renifler de l’herbe.
Joie et soulagement de le retrouver ! Je le prends dans mes bras, sa chaleur me fait du bien.
Retour à la maison mais…. Comment rentrer au chaud sans clef ?

Pas de téléphone non plus bien-sûr. Je me remets à grelotter.

Ahhh ! Un passant dans la rue (bel homme au demeurant) : je l’interpelle et lui explique la situation.
Sérurier à ses heures, il me propose d’aller chercher son matériel pour ouvrir la porte.

Et miracle ! En plus d’être beau, il est très compétent et arrive à ouvrir sans rien casser.
Finalement, ce n’était pas autant la poisse que je le croyais…je luis offre un café, le courant passe entre nous et nous nous promettons de nous revoir bientôt.
Vive le froid !

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