Etre un homme
Je veux être un homme. Pisser debout est la première chose qui me vient à l'esprit quand j'y pense. Combien de fois ai-je souhaité pouvoir assouvir cette envie lors d'une randonnée, tandis que mes congénères masculins avaient, eux, cette facilité. Inutile d'arrêter tout le monde pour trouver un petit coin à l'abri des regards. Hop, tu zippes ta braguette, tu fais ta petite affaire contre un arbre et personne ne s'est aperçu de rien.
Je rêvasse encore dans mon lit. Je me souviens de
cette balade en forêt, de la sensation de marcher sur la terre noire et humide
recouverte d'épines de pins séchées... l'odeur de la sève, les racines solides
qui s'entremêlent sur le chemin, la fraîcheur apportée par l'ombre des arbres
et le bruissement de leur feuilles légèrement agitées par le vent...une
framboise par-ci, une fraise des bois par-là, et cette envie...Finalement,
c'est presque un rituel initiatique de partir à la recherche de l'endroit
parfait qui me permettra de m'accroupir et d'apprécier la liberté de s'alléger
en pleine nature, et en toute discrétion, se sentir animal.
Il est 18h30, la porte s'ouvre brusquement et
m'extirpe de ma rêverie. Les conflits vont commencer à animer la maison. Il n'y
aura plus de place pour les songes, pour les souvenirs agréables. Les disputes
et les reproches vont alimenter la soirée et s'enchaîner les uns après les
autres comme des programmes télévisés entrecoupés de pauses publicitaires...Et
après, que fait-on ? On essaie de semer dans le désert affectif quelques
graines, pour permettre à l'amour de germer à nouveau, de grandir et d'abriter
la vie.
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