Il est dix-huit heures
Il est dix-huit heures, à la pendule du coin. Ça fait couac dans la tête de quelqu'un, un soudard embrumé. Il se réveille dans une boutique abîmée. L'air est frais, le silence lointain, et le chagrin présent. Le conflit a éclaté, et puis il continue, même dans le noctambule des têtes. Si tu t'approches d'une guerre, elle t'attrape la tête, et la farcie, de plombs et d'explosions, ensuite tu repars, mais pas comme tu es venu, t'es pas revenu en fait, même si t'es un parvenu, un rapace plein de remparts. Semer dans le désert est un truc poétique, pour s'évader un peu, des impressions mélancoliques qu'un conflit colle en soi. Trouver en soi, une plume d'oie, pensée magique pour moins ressasser, fuir un peu l'insensé. Un soûlard a brûlé une boutique, c'est commun dans une guerre. Il reste d'être un homme, alors prendre une gomme pour effacer l’excès. Toujours dans la pensée, en pays magique, parce que le vrai de vrai est violent. Les racines de nous, sont invisibles. Et après on fait quoi ? On se met à l'abri derrière une porte en bois, dans l'arrière-boutique, qui pour le coup est encore là. Et il est dix-huit heures sans parade, dix-huit heures depuis vingt minutes. Le temps parfois s'arrête, s'arrête de trop, c'est comme ça que meurt un esprit dans un corps vivant. La guerre détruit aussi de l'invisible.
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